Comp\xe8re (1) le Renard se mit un jour en frais, Et retint \xe0 d\xeener comm\xe8re la Cigogne (2). Le r\xe9gal fut petit et sans beaucoup d'appr\xeats : Le Galand, pour toute besogne (3) Avait un brouet (4) clair (il vivait chichement). Ce brouet fut par lui servi sur une assiette. La Cigogne au long bec (5) n'en put attraper miette ; Et le Dr\xf4le eut lap\xe9 le tout en un moment. Pour se venger de cette tromperie, \xc0 quelque temps de l\xe0, la Cigogne le prie. Volontiers, lui dit-il, car avec mes amis Je ne fais point c\xe9r\xe9monie." \xc0 l'heure dite, il courut au logis De la Cigogne son h\xf4tesse ; Loua tr\xe8s fort sa politesse, Trouva le d\xeener cuit \xe0 point. Bon app\xe9tit surtout ; Renards n'en manquent point. Il se r\xe9jouissait \xe0 l'odeur de la viande Mise en menus morceaux, et qu'il croyait friande (6). On servit, pour l'embarrasser En un vase \xe0 long col, et d'\xe9troite embouchure. Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer, Mais le museau du Sire \xe9tait d'autre mesure. Il lui fallut \xe0 jeun retourner au logis, Honteux comme un Renard qu'une Poule aurait pris, Serrant la queue, et portant bas l'oreille. Trompeurs, c'est pour vous que j'\xe9cris, Attendez-vous \xe0 la pareille.